Budget fédéral : Greenpeace appelle le gouvernement à couper dans les cadeaux aux industries polluantes

Un nouveau rapport de Greenpeace Belgique montre que les industries polluantes bénéficient d’entre 5,7 et 7,4 milliards d’euros de soutien par an

Bruxelles, 14 juillet 2026 — Alors que le gouvernement fédéral cherche 10 milliards d’euros pour remettre le budget sur les rails, Greenpeace Belgique montre, dans un nouveau rapport, qu’entre 5,7 et 7,4 milliards d’euros par an bénéficient à l’industrie belge via des mécanismes liés à l’énergie et au climat, avec un avantage particulier pour des secteurs fortement polluants. « La situation climatique actuelle impose de mettre fin à ce soutien public, qu’il s’agisse des quotas d’émission gratuits, des compensations pour les coûts indirects ou des avantages fiscaux liés au gaz fossile », selon Greenpeace.

Pour Greenpeace, si le gouvernement cherche de l’argent, il doit d’abord regarder du côté des soutiens publics accordés aux grands pollueurs. Un nouveau rapport de Greenpeace, publié ce 14 juillet, montre que les avantages pour les entreprises polluantes s’élèvent à 5,7 à 7,4 milliards d’euros par an. Entre 2021 et 2025, l’industrie belge a reçu au total pour environ 10 milliards d’euros de quotas d’émission gratuits. Sur ce montant, 7,85 milliards d’euros ont bénéficié à seulement quinze entreprises, réparties sur trente-trois sites industriels. Un tiers des installations analysées ont même reçu davantage de quotas gratuits que leurs émissions effectives.

Ces chiffres révèlent un double échec : budgétaire, parce que des milliards sont mal orientés et parviennent à peine à faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre ; industriel, parce qu’ils prolongent la dépendance aux énergies fossiles. En continuant à soutenir massivement des activités industrielles polluantes dont certaines sont sans avenir, les pouvoirs publics retardent les investissements nécessaires à la transformation de l’économie belge.

« Le gouvernement fédéral affirme devoir trouver 10 milliards d’euros. Mais chaque année, des montants comparables sont consacrés à soutenir des industries fortement polluantes, souvent sans contreparties suffisantes. Avant de demander de nouveaux efforts aux ménages, les gouvernements doivent mettre fin aux cadeaux aux pollueurs et réorienter cet argent vers une transition juste. En continuant le soutien aux grands pollueurs, notre pays ne continuera pas seulement à contribuer au dérèglement climatique, à l’intensification des vagues de chaleur, mais fragilisera aussi l’industrie belge au lieu de la préparer à l’avenir. L’argent public ne doit pas servir à prolonger la dépendance aux énergies fossiles : il doit financer une industrie durable, des emplois d’avenir et une transition juste pour les ménages », déclare Elodie Belleflamme, chargée de campagne transition énergétique chez Greenpeace Belgique.

Une injustice fiscale entre ménages et grands industriels

Le rapport de Greenpeace pointe aussi le déséquilibre fiscal entre les ménages et les grands industriels, les premiers payant déjà jusqu’à quinze fois plus d’accises sur le gaz fossile que les plus grands consommateurs industriels.

À partir d’août 2026, dans le cadre du tax shift fédéral, les accises pour les ménages augmenteront pour atteindre 14,45 €/MWh en 2029, alors que les industries énergivores continueront de bénéficier de taux préférentiels entre 0,69 et 1,66 €/MWh.

« Cet écart est d’autant plus injustifiable que les citoyen·nes subissent déjà la hausse des coûts de l’énergie, les conséquences du dérèglement climatique et les coupes dans les politiques publiques », ajoute Elodie Belleflamme. « Le gouvernement ne peut pas demander aux citoyen·nes de se serrer la ceinture tout en maintenant des régimes fiscaux ultra-avantageux pour les plus grands consommateurs de gaz fossile. L’argent existe. Il est simplement mal orienté. »

Réorienter l’argent public vers une économie résiliente

Greenpeace appelle les gouvernements fédéral et régionaux à engager un véritable changement de cap : supprimer progressivement les soutiens publics aux activités fossiles et polluantes, conditionner toute aide industrielle à une stratégie crédible de décarbonation, et réorienter les moyens disponibles vers des investissements utiles aux ménages, aux travailleur·ses et à l’économie belge.

Ces moyens devraient être réorientés vers des priorités concrètes : une électricité plus abordable, la rénovation des bâtiments, les infrastructures énergétiques, les transports durables, l’économie circulaire, la formation aux métiers de demain et une industrie compatible avec les objectifs climatiques.

Relance du débat sur le système d'échange de quotas d'émission (ETS)

À partir du 17 juillet, de nouvelles discussions européennes auront lieu au sujet de l’ETS, notamment sur la sortie progressive des quotas gratuits, dont bénéficient largement les secteurs à hautes émissions. Greenpeace demande à la Belgique de s’opposer à tout ralentissement de cette sortie et à défendre un calendrier plus strict pour les secteurs les plus polluants, notamment la chimie et la pétrochimie.

« Pour Greenpeace, l’enjeu n’est pas d’opposer industrie et climat, mais de décider quelle industrie l’argent public doit soutenir : celle qui prolonge la dépendance aux énergies fossiles, ou celle qui prépare les emplois et l’économie de demain », conclut Elodie Belleflamme.

Méthodologie

Le nouveau rapport de Greenpeace Belgique explore les soutiens accordés aux industries en lien avec leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre. Il est complémentaire à l’Inventaire fédéral des subventions aux énergies fossiles qui vient d’être publié le 2 juillet dernier.

Les montants présentés couvrent la période 2022-2024, soit les chiffres les plus récents publiquement disponibles, et correspondent à la fois à des aides directes, à des compensations et à des pertes de recettes publiques estimées.

L’analyse, fondée sur des sources publiques et officielles, inclut la valeur estimée des quotas d’émission gratuits alloués dans le cadre du système européen ETS, les compensations de coûts indirects liés au prix de l’électricité, ainsi que les accises réduites et exonérations liées au gaz fossile. Elle s’appuie notamment sur le registre belge des gaz à effet de serre, les données européennes du système ETS, les rapports de la Commission nationale Climat, l’Inventaire fédéral des subventions aux énergies fossiles et la base européenne State Aid Transparency.

Téléchargez le rapport complet (en anglais)Téléchargez le résumé du rapport (en français)

Service presse de Greenpeace

 

 

 

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